C'est dimanche matin et madame Baleba au milieu de tous ces problèmes repense à sa ren-
contre avec son mari. « Comme nous étions beaux ce jour-là !» pensa-t’-elle en regardant sa photo de
mariage. Elle repensait à cette rencontre qui eut lieu quand elle venait d’arriver au lycée. Elle s’était perdue dans ce nouvel établissement qu’elle devait fréquenter. Lui, il venait de monter en première. Il l’avait aidé mais ne lui avait pas adressé la parole.
Ils étaient totalement opposés et d’ailleurs rien n’avait changé. Jessica était une femme très joviale et optimiste, elle aimait la couleur rouge, aimait inventer de nouvelles recettes et elle était aussi une femme très ouverte. Par contre William était très pessimiste, ne souriait que très rarement, aimait la couleur blanche, détestait les nouveautés et il était aussi très renfermé.
La seule à qui il pouvait se confier c’était elle. Malgré ces différences, ils s’aimaient
et se respectaient mutuellement : un couple presque parfait !
Lorsqu’ils étaient au lycée Jessica l’admirait beaucoup
parce qu’il était très intelligent et lui il l’admirait pour sa
gaieté et son optimisme débordant. Ils étaient tous les
deux réguliers à la bibliothèque et préféraient lire des romans.
Après le lycée, Jessica travaillait à temps partiel dans
le restaurant de Mme Stella la mère de William. Ce fut
donc à cette période qu’ils devinrent amis et qu’ils tombèrent peu à peu amoureux l’un de l’autre. William se
mettait souvent à lui parler de sa famille, de son école et
de ses préférences en matière de repas. Il lui demandait
même des fois de l’apprendre à être plus joviale qu’il ne
l’était. Elle de son côté l’invitait à des matchs de foot, lui parlait de
ses frères et sœurs et plaidait souvent pour lui lorsqu’il mettait Stella en colère.
M. Baleba avait fait sa déclaration à Jessica le jour de
l’anniversaire de cette dernière. C’est lui qui avait fait le
gâteau et il avait fait celui qu’elle préférait. Un an plus
tard il lui fit sa demande en mariage lors d’un diner au restaurant que Stella avait organisé pour remercier Jessica d'avoir été une employée loyale et le mois d’après ils
se marièrent puis eurent leur premier fils Baleba Julien Antony. Maintenant ils avaient en tout quatre enfants, Jessica
avait son propre restaurant et William était un docteur en
mathématiques, professeur dans plusieurs collèges et lycées comme il l’avait toujours désiré. Ce matin, elle souhaitait remonter le temps pour revenir à cette époque où tout semblait si parfait mais cela
lui était impossible et elle le savait.
De son coté, Hay-Lain
n’avait pas pu dormir à cause des nombreux cauchemars
qu’elle avait fait cette nuit. Sa mère remarqua son
manque de sommeil lorsqu’elle vint à table pour petit-déjeuner.
- Bonjour Lena, fit-elle.
- Bonjour ma ’a.
- Comment ça va aujourd’hui ?
- Je vais bien ma’ a rassura Hay-Lain. Ne t’en fais pas pour moi.
- Mais attends tu te moques de qui ? Tu as des cernes horribles, rétorqua Jessica. Tu as passé une nuit blanche,
non ?
- Donc c’est visible ?
- Oui et c’est vraiment affreux.
- Ce n’est pas non plus comme si je partais quelque
part.
- Qu’est ce qui t’empêche même de dormir ?
- Eh ben… C’est parce que j’ai fait plusieurs cauchemars cette nuit.
- Ngo Baleba, ton père et moi nous faisons beaucoup
de soucis pour toi ma fille. Ça nous inquiète beaucoup que tu deviennes de plus en plus renfermée et sache que nous faisons tout notre possible pour te sortir de cette situation. De plus, je suis sure… non ! certaine qu’avec un bon avocat tout ira pour le mieux.
- Je…
Hay-Lain fondu en larmes et Jessica vint de ce pas la prendre dans ses bras.
- …J’ai peur ma ‘a, dit-elle enfin. J’ai très peur, si tu savais seulement à quel point.
- Mais non Lena ! répliqua sa mère d’un ton plus
calme. Tu ne dois pas avoir peur car saches que nous sommes là pour toi. D’ailleurs tes frères sont en route pour venir te voir.
- Vraiment ?
- Oui, ils arrivent vraiment.
- Merci beaucoup ma’ a ! je t’aime très fort.
- Je t’aime encore plus mon bébé.
Jessica essuya les larmes du visage d’Hay-Lain.
- Ton père est au collège et il reviendra ce soir avec le
roman que tu voulais tant qu’il t’achète.
- Okay... et les garçons quand est ce qu’ils arrivent ?
- Je sais ? j’imagine que c’est bientôt.
Hay-Lain était la benjamine d’une famille de quatre enfants. Elle était aussi fille unique et adorait ça. Elle avait trois Grands frères : Baleba Julien Antony, Masse Georges
Fabrice et Baleba William De Prague Deuxième du nom.
Julien était très grand avec une Taille d’environ 2,10m
ce qui lui facilitait l’accès dans plusieurs équipes de basket. Il vivait à Edéa, jouait évidemment du basket et avait une fiancée : Dipea Stéphanie. Tous ses amis l’appelaient
Steffi et tout comme Julien elle était très grande de taille et faisait du basketball. Julien avait tout juste vingt-cinq
ans et Steffi quant à elle avait vingt et deux ans.
Georges, lui il avait vingt et un an et vivait à Deido avec
sa grand-mère Mme Baleba Stella Antoinette. Il étudiait dans prestigieuse la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de Douala et souhaitait après l’école devenir
pédiatre. C’était lui qui ressemblait le plus à son père, que
ce soit physiquement ou intellectuellement contrairement
à Julien et William qui ressemblaient plutôt à leur mère.
Après lui, c’était Hay-Lain la plus raisonnable des enfants,
qui malgré le fait qu’elle eue hérité des caractères moraux de son père, ressemblait fortement à sa mère sur le
plan physique et sur sa façon de voir les choses. Par
contre, ses frères ne ressemblaient qu’à un des deux parents.
William II quant à lui avait dix-huit ans, apprenait la
cuisine et la restauration pour devenir comme sa mère et vivait avec Julien
et sa fiancée. C’était le plus beau des fils Baleba. Il avait
une peau plus claire, les cheveux presque blonds et un
sens de l’humour démesuré. Il avait la même taille que Georges qu’il risquait bientôt de dépasser. Julien et lui
avaient hérités leur grande taille de leur mère car celle-ci était très
grande et dépassait même leur père en taille, celui-ci étant lui-même assez grand.
Alors qu’Hay-Lain attendait impatiemment « les garçons », Jessica lui racontait comment elle vivait avec ses
parents à la campagne et comment elle aimait le fait de
travailler pour sa belle-mère Stella auparavant. Ils arrivèrent environ trois heures après le petit-déjeuner.
Toc, toc ! toc, toc !
- J’arrive !!! cria Jessica.
- Tu penses que ce sont eux ? demanda Hay-Lain à sa
mère qui se dirigeait vers la porte.
- Sûrement.
Lorsque Jessica ouvrit la porte, c’était bien eux.
- Bon après-midi maman chérie ! s’écrièrent-ils tous les
trois en même temps.
- Tu as encore pris quelques cheveux blancs à ce qu’on dirait, dit Julien.
- Il n’a même pas honte ! rétorqua Jessica. Je te rappelle que c’est de votre faute si j’en prend au moins un
tous les jours.
- Accepte s’il te plait… nos hum… humbles excuses
maman d’avoir été ab…sent si long…temps, dit William
qui avait dû répéter cette phrase écrite par Georges pour
la réciter à Jessica le moment venu.
- Vous me décevez vraiment mes garçons, j’espère
que votre sœur ne deviendra pas comme vous.
- Tu es un peu injuste ma’ a, répliqua Georges.
Jessica regarda ses fils un moment avant d’ajouter :
- Regardez-moi cette bande d’idiots ! venez donc
dans les bras de votre vieille mère que je suis.
Ils la prirent dans leurs bras et c’est là que William remarqua qu’Hay-Lain était juste derrière la porte.
- Toi tu fais quoi derrière la porte là Lena ? demanda-
t’-il. Sors un peu pour que nous aussi on te voit.
Lorsqu’elle s’approcha, ils la prirent dans leurs bras.
- On entre, non ? demanda-t’-Hay-Lain.
- Oui entrons, répondit Jessica.
Hay-Lain ne parlait pas beaucoup et se contentait de
répondre aux questions que ses frères lui posaient sans
toutefois poser les siennes. Elle leur raconta toute l’histoire
depuis le tout début. Ses frères la connaissaient bien et ils
craignaient qu’elle ne devienne dépressive. Ils s’assirent
d'ailleurs tous les trois pour en parler et décidèrent que William II
aille parler à Hay-Lain de leur part. il était plus proche
d’elle que les autres et il savait aussi la faire sourire quand
elle était triste.
À la nuit tombée, avant qu’Hay-Lain n’aille se coucher, William la fit asseoir à la véranda pour lui parler.
- Qu’est ce qui t’empêche d’exprimer ce que tu ressens Lena ? commença-t’-il.
- Je… Je ne comprends pas ta question Billy (diminutif de William)
.
- Eh bien je parle du fait que tu ne parles à personne
de ce que tu penses, de tes peurs et de tes craintes.
Hay-Lain ne parlait pas beaucoup et se contentait de
répondre aux questions que ses frères lui posaient sans
toutefois poser les siennes. Elle leur raconta toute l’histoire
depuis le tout début. Ses frères la connaissaient bien et ils
craignaient qu’elle ne devienne dépressive. Ils s’assirent
tous les trois pour en parler et décidèrent que William II
aille parler à Hay-Lain de leur part. il était plus proche
d’elle que les autres et il savait aussi la faire sourire quand
elle était triste.
À la nuit tombée, avant qu’Hay-Lain n’aille se coucher, William la fit asseoir à la véranda pour lui parler.
- Qu’est ce qui t’empêche d’exprimer ce que tu ressens Lena ? commença-t’-il.
- Je… Je ne comprends pas ta question Billy (diminutif de William)
.
- Eh bien je parle du fait que tu ne parles à personne
de ce que tu penses, de tes peurs et de tes craintes.
- Mais c’est parce que je n’ai à rien dire ! hurla-t ’-elle.
En plus je ne veux pas que vous vous fassiez du souci pour
moi.
- Lena je te déconseille de me crier dessus pour que notre conversation reste posée gronda- t'- il. Ce qui nous inquiète c’est que tu te renfermes
et que tu ne parles à personne, dit Billy d’un ton plus
adoucit. Nous sommes là pour toi et nous voulons voir la
petite Lena que nous connaissons : gaie, ouverte et surtout comique sinon je risque me retrouver tout seul à l’être
dans cette maison !
- C’est vrai que sur ce point tu n’as pas tort. Je ressemble maintenant beaucoup plus à papa qu’à mama.
- Et sincèrement ça m’effraie de penser que je serais
vraiment le seul à être un peu amusant ici.
- Elle était si belle… ! s’exclama Hay-Lain un peu rêveuse.
- Ingrid ? demanda-t’-il.
- Oui Ingrid… même si moi je préfère l’appeler Manou.
- Ça prendra du temps mais saches que la douleur diminue avec le temps.
- Je sais mais pour l’instant…
Billy lui saisit les deux mains avant de lui dire :
- …ça fait mal, très mal mais tu n’es pas toute seule. En
plus, tu as quelque chose de mieux à faire que te lamenter : trouver le protagoniste de tous ces meurtres.
- Tu es sensé le déconseiller ce genre de bêtises.
- Mais je suis tout sauf sensé Léna, je suis le petit cinglé de la famille.
- Merci de faire tout ton possible pour m’aider mais je
ne peux rien te promettre pour ça.
- Ce n’est pas grave si tu ne t’en sens pas capable
mais fais au moins un effort pour te sortir de cette dépression avant que papa ne t’amène voir le psychologue sco-
laire communément appelé C.O (conseiller d'orientation) et crois -en un expert
ce n’est pas un choix préférable.
- Vrai vrai que voir un C.O. c’est pire que de se
mettre à chercher un présumé tueur ? demanda t'-elle en se levant
l’air presque endormie. Mais bon je vais essayer de suivre ton con-
seil.
- Bonne nuit alors !
- Bonne nuit à toi aussi.
De la fenêtre de sa chambre, Jessica vit sa fille qui rentrait dans la maison pour aller se coucher.
- Ça m’énerve de la voir comme ça William, dit-elle en
se tournant vers son mari qui lisait un livre près du chevet
de leur lit. On dirait une morte vivante.
- Moi aussi ça m’inquiète un peu mais nous faisons
déjà tout notre possible pour l’aider, dit-il sans toutefois
quitter son livre des yeux.
- Tu penses que c’est mieux qu’elle fasse des thérapies
avec des professionnels ?
- J’y ai pensé mais pour l’instant j’attends de voir si elle
change de comportement. De plus je n'ai pas d'argent pour ça.
- En tout cas, je sais que la présence de Billy lui fera retrouver son côté un peu turbulent et presque agaçant.
- De mon côté je vais l’amener au cinéma demain
comme elle m’a même suppliée pour ça avant cette histoire ci et si tu veux toi aussi tu peux venir.
- Bien sûre que oui, je viens !