"Ça fait deux semaines que je vis chez ma cousine Elisabeth. C'est d'ailleurs elle qui m'a offert ce journal pour pouvoir me défouler. Selon elle, je suis devenue très renfermée et elle espère qu'écrire m'aidera. D'ailleurs elle a eu raison, depuis que j'écris je me sens un peu moins surchargée. Ma mère insiste beaucoup pour me présenter à une sorte de psychologue qu'elle connait. Je compte accepter pour lui faire plaisir même si je n'en ai pas vraiment envie. En fait je n'ai plus envie de rien dernièrement même d'aller travailler. Après tout, à quoi bon puisque je me sens si seule ! Même ma mère ne me comprends pas et est d'ailleurs constamment en colère contre moi pour ma nouvelle attitude."
Berthe n'avait effectivement plus envie de se battre pour ce que lui avait arraché sa belle-mère. Elle se disait que tout ça lui rappellerait davantage son époux et sentait qu'elle ne pouvait pas supporter une telle douleur.
Sa cousine Elisabeth vivait seule dans un petit studio qu'elle louait à Bépanda. Ce fut elle qui vint chercher Berthe lorsque celle-ci se retrouva à la rue après avoir été chassée de sa propre maison. Elisabeth proposa à Agnès de venir rester près de sa fille pour l'aider à se remettre des évènements précédents. Cette dernière ne vint que trois semaines après sa fille, décidée à l'emmener voir un psychologue mais sa fille refusa catégoriquement et assura à sa mère qu'elle allait reprendre correctement sa vie en main.
Ainsi deux semaines plutard, Berthe trouva du travail au lycée de Bépanda. Elle était professeur vacataire de français et devait faire de gros efforts pour ne pas abandonner.