Si la poésie, pour certains, est un jeu de langage la métrique des vers, le rythme des mots,
l’expression de soi par la métaphore , elle est pour moi une langue en soi. Et comme toute
langue, elle laisse un accent à son locuteur ; elle lui révèle une manière de dire le monde et de
se dire soi-même, elle déterre une identité par son propre langage. La beauté de cette langue
revient alors à la diversité de ses accents, à la singularité des métaphores que chacun emploie
pour nommer ce qui l’habite.
Ce livre raconte précisément ce voyage : celui qui mène de l’écorce à la sève soit de la culture
imposer a celle hérité de ses ancêtres, de la voix empruntée à la voix propre. Il ne prétend pas
enseigner la poésie, mais témoigner d’une réappropriation celle de mon accent particulier,
celle de mon soi profond. Car on n’apprend pas sa voix poétique comme on apprend une
technique. On la découvre, comme on découvre un jour qu’on parle avec un accent qui nous a
toujours appartenu sans qu’on le sache.
Ce qui suit n'est donc pas un manuel, mais un carnet de route. Celui d’un locuteur qui a
appris, lentement, à parler plus fort et plus haut dans la langue qui lui était destinée.