Aurora
Ah, intéressant. Magnifique chambre. J'imagine que le reste de l'appartement est pareil, j'aime beaucoup. Je me sens comme chez moi, on dirait ma chambre à l'hacienda.
Je me réveille et je suis nettement plus en forme qu'hier. La veille je n'avais pas la tête à faire le tour de l'appartement, j'ai juste pris la direction de la chambre pour pouvoir dormir, non sans me tromper de pièce. J'ai d'abord atterri dans la salle d'eau avant de me retrouver ici. Maintenant que je suis éveillée, je peux me le permettre, donc à peine j'ai ouvert les yeux j'ai commencé à examiner minutieusement la pièce dans laquelle je suis, dans un premier temps.
En face du lit il y a une énorme fenêtre qui prend toute la hauteur du mur. Par elle me parvient la lumière naturelle du magnifique levée du jour qui envahit et illumine la chambre. Pour mieux contempler la scène, je quitte le lit et m'en rapproche. Je peux admirer la ville ou du moins une partie et c'est spectaculaire. J'ai comme une envie d'immortaliser cette vue alors je me dirige sans pression vers le lit où j'y ai laissé mon sac à dos, j'en sors ma tablette, puis je reviens à ma place initiale pour capturer le dessin devant moi. J'en prends plusieurs, plus tard je sélectionnerai ce que je vais garder.
J'aime bien prendre des photos que je trouve inspirantes, intéressantes. Si je n'avais pas assez à faire avec l'école et le travail, j'aurais fait une formation ou quelque chose qui s'en rapproche, dans le domaine de la photographie. C'est tellement passionnant je trouve. Malheureusement je pense que ce que j'ai sur les bras me prendra tout mon temps.
Juste après la photo, je m'en vais ouvrir la porte que j'aperçois juste à côté. C'est un dressing d'après ce que je constate. Il est presque aussi grand que la chambre, tout est compartimenté, il y a des rangements, tout ce qu'il faut. A quelques pas de moi se trouve une porte et j'en déduis qu'il s'agit de la salle de bain, chose confirmée. Le reste de l'appartement est encore à visiter alors je sors de la chambre et m'empresse d'aller découvrir tout ça.
Dans le petit couloir que je longe, il y a une buanderie et une salle d'eau, celle que j'ai prise pour chambre hier, et lorsque je suis la lumière au bout de ce couloir, je me retrouve au sommet de l'escalier. D'ici je peux voir tout le séjour ainsi que la cuisine ouverte. Je descends donc prudemment les marches et la minute qui suit je suis en bas.
La pièce à vivre, c'est tout ce qui a de plus cosy, tout ce qui me ressemble. Je vais au coin cuisine et je n'ai rien à redire. Ilot, tabourets, elle est totalement équipée. Juste à côté il y a une table et deux sièges, pour les repas j'imagine.
Je suis les rideaux de couleur terracotta que j'ai à peine remarqué quand je suis arrivée. Je m'arrête et je les fais glisser chacun vers leur côté, et sans grande surprise, je suis devant une baie vitrée et la vue sur la ville est encore plus incroyable que dans la chambre. J'ouvre par la suite la porte que j'ai aperçu plus tôt et il s'agit d'un bureau.
Là, c'est bon, je crois avoir fait le tour. Maintenant il faut que je range mes affaires et que je fasse des courses. Pour commencer, j'emmène mes valises dans la chambre, ensuite je me change. J'ai mis un jeans, un t-shirt et une paire de chaussette avant de réunir mes cheveux en une queue de cheval. Avant de commencer quoi que ce soit, j'attrape ma tablette pour appeler à la maison, je dois les prévenir que je suis bien arrivée. Je n'ai pas pu le faire hier car j'étais fatiguée, là je n'ai plus aucune excuses. Je lance donc l'appel et elle décroche après une sonnerie.
— Aora ! s'exclament mes sœurs en cœur complètement excitées, le sourire jusqu'aux oreilles et le visage illuminé. Maman, viens vite, c'est Aora, lance Liana.
Je suis surprise et ça se lit certainement sur mon visage. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit elles qui décrochent. Pourquoi elles ont le téléphone de maman ?
— salut les filles ça va ?
— oui très bien ! crient-elles de nouveau en cœur. Et toi alors ? demande Thalia. Oui dis nous, tu vas bien ? insiste Liana.
— je vais bien vous en faites pas...
— bonjour chérie ça va ? intervient ma mère souriante elle également.
— ça va super et je vois que toi aussi. Ça fait plaisir.
— comment ça se passe raconte moi, me questionne t-elle aussi tôt et je vois déjà d'ici son inquiétude. Je m'en vais donc pour la rassurer.
— tout va bien maman. Je suis bien arrivée comme vous pouvez le constater, j'ai été bien accueilli. D'ailleurs j'ai rencontré Denise, une dame charmante et là je suis dans l'appartement. Je dois ranger mes affaires et j'aviserai par la suite.
Pendant la discussion, je reçois une nouvelle fois des consignes de ma mère, et les conseils de mes sœurs. Malgré la peine elles ont souri durant tout le long et ça m'a réchauffé le cœur. Au bout de cinq minutes j'ai dû raccrocher parce que sinon je serais restée encore longtemps.
Sept heure. Il est déjà sept heure quand je me mets au boulot, plutôt je le ferai, plus tôt je finirai et j'aurai du temps libre donc au travail. Dans le dressing, je débute le rangement. J'ouvre d'abord toutes les valises et vide leurs contenus avant de réfléchir à l'emplacement de chaque lot de vêtements et d'affaires. Je veux que tout soit impeccablement rangé, ce qui me prends plus de temps que prévu.
Deux heures plus tard, et après plusieurs indécisions sur la disposition de certaines affaires, j'ai quasiment fini. Je décide donc de faire une pause déjeuner vu que j'ai faim. J'en profiterai peut-être pour faire les courses et m'acheter un téléphone. Oui je n'ai pas de téléphone, j'ai toujours fonctionné avec ma tablette et mon ordinateur. Je n'ai jamais vu l'utilité d'en avoir, mais je pense que ça sera plus que nécessaire maintenant que je suis ici.
Avant de sortir, j'attrape une veste que je mets et j'enfile une paire de bottes, puis je fourre mon porte-monnaie dans ma poche. Lorsque j'arrive dans le hall, je me dirige vers le restaurant. Je commande des toasts à l'avocat ainsi qu'un verre de jus d'orange et un croc-monsieur que je finis d'engloutir au bout de dix minutes. Après avoir réglé la note, je me rends à la réception pour me renseigner, au sujet du téléphone que je veux acheter mais Denise n'est pas là, en revanche il y a l'homme d'hier soir, le réceptionniste, Léo si je me souviens bien.
Quand il me voit venir, il fixe son attention sur moi jusqu'à ce que je sois devant lui, puis il s'empresse de me dire bonjour, et je réponds à sa politesse.
— s'il vous plait, vous savez où je peux trouver une boutique ou un magasin d'électronique ?
— bien sûr. Il vous faut quelque chose ? Répond t-il chaleureusement.
— oui. En fait je veux me procurer un téléphone mais le centre ville est un peu éloigné. Il y a des magasins proche d'ici ?
— il y en a en effet, j'en connais un pas très loin. Si vous voulez, je peux aller l'acheter pour vous, propose t-il nettement plus avenant qu'hier.
— ne vous dérangez pas, je vais y aller moi même.
— ça ne me dérange pas, j'insiste. Déclare t-il et je cède finalement.
— si vous vous proposez alors d'accord. C'est gentil. Dis-je et il acquiesce.
Je lui confis alors ce dont j'ai besoin avant de lui passer quelques billets, quant à moi je monte terminer ce que j'ai commencé.
***
J'ai fini de tout ranger, de tout classer et ça fait du bien. C'est satisfaisant. Vu que j'affectionne tout ce qui me paraît beau à en admirer, je prends une photo de la pièce rangée, bien qu'il y ait encore des espaces libres. J'en profite pour regarder l'heure. Onze heures, et je n'ai pas encore pris de douche. J'y remédie et dix minutes plus tard je sors de la salle de bain avec une serviette enveloppant mes cheveux et un peignoir sur le corps, avant de chercher quoi porter.
Et si je mettais un jogging ? Le confort c'est tout ce que je recherche, alors sans grande réflexion mon choix est fait. Lorsque je fais coulisser la porte vitrée du placard, j'ai à peine le temps de saisir les vêtements qu'on sonne à la porte. J'abandonne mon action et descends pour ouvrir. C'est Léo devant moi, avec un sac dans la main. Je suppose qu'il s'agit de ce que je lui ai demandé. Je remonte mon regard vers son visage et je vois qu'il a perdu ses couleurs, il est aussi blanc qu'un cachet d'aspirine. Il est souffrant ?
— hey, ça va ? Vous êtes tout pâle. lancé-je un peu inquiète.
— je... euh... balbutie t-il en me fixant avec des yeux ronds comme une soucoupe.
— Monsieur ? m'enquiers-je confuse face à son état. Mon appel a l'air de le sortir de cet état incompréhensible.
— dé... Euh. Désolée mademoiselle. Souffle t-il en secouant la tête de gauche à droite les yeux clos une seconde comme pour se ressaisir, avant de détourner le regard. Tenez, je viens de l'acheter, j'espère qu'il vous conviendra. Reprends t-il en me tendant le sac dans sa main.
— merci, mais vous allez bien ?
— oui... Je vais bien ne vous inquiétez pas, et, appelez moi Léo, s'il vous plaît, tout le monde m'appelle comme ça, déclare t-il les yeux posés sur moi cette fois et j'acquiesce. Je vais y aller, m'indique t-il avant de partir sous mon regard interrogateur, les sourcils levés.
J'espère qu'il va vraiment bien, parce qu'il n'en avait pas l'air.
Je referme la porte et remonte pour m'habiller. Une fois finie, je m'allonge sur le lit ma tablette à la main, répondant à mes messages tout en avalant une barre de céréales. Quand je finis de l'engloutir, une idée me traverse l'esprit. Je ne vais quand même pas rester là toute la journée couchée alors que la ville est magnifique et qu'il fait encore jour, d'autant plus que je n'ai rien d'urgent à faire. Je peux m'éclipser une ou deux heures, je ne serai pas longue.
Je me dépêche alors de sortir du lit. Je vais me changer, j'enfile un manteau et une paire de baskets, puis je descends.
Baladons nous un moment et profitons de cette journée.